🕊️ 晩秋の吐息のように、白い
誰も来ない
誰も去らない
ただ雪に覆われた道があり
私は—
もう何人もの「私」を経て、ここにいる
ポケットには
夢が眠っていたころの笑みが残っている
歩幅は小さく、
鍵盤のきらめきを追いかけ
未来には形があると信じていた
けれど今、
私はただ立っている
手をポケットに入れ
風が通りすぎる音を
にじんだ文字のように聴いている
初雪が舞い降りた
何も告げずに
ただ降る
そして私は、
もう問わなくなった
新

🕊️ White, Like the Last Breath of Autumn
No one comes.
No one leaves.
Only a snow-covered road remains,
and me—
someone who has lived many selves to arrive here.
I remember smiling
when dreams still slept in my pocket.
I walked gently,
following the shimmer of keys,
believing the future had a shape.
But now,
I simply stand,
warming my hands in my coat
as the wind passes by
like letters whose ink has already blurred.
The first snow falls again—
not to declare anything,
only to fall.
And me,
I no longer ask it why.

🕊️ Je plie mes rêves comme une vieille écharpe en laine
Ce matin,
la cuisine sentait encore le pain chaud,
et dehors, la brume n’était pas encore levée.
Je me suis assis près de la fenêtre,
les mains au chaud dans mes poches,
me souvenant
du frisson léger des hivers de mon adolescence.
Autrefois,
les rêves vivaient discrètement dans mon manteau,
avec des lettres jamais envoyées,
et ce piano,
livré comme un train nommé « Avenir »,
s’arrêtait juste devant ma petite fenêtre.
Qui donc marchait
dans ce mois de novembre
avec des pas semblables à un premier amour ?
C’était peut-être
la version de moi
qui savait encore attendre.
Je n’attends plus.
Mais je prépare le thé,
j’essuie la vitre,
et je plie mes rêves
comme une vieille écharpe en laine,
que je range doucement
dans un tiroir au bord de la neige.
