Folding Dreams Like an Old Woolen Scarf
This morning,
the kitchen still smelled of bread,
and outside, the mist had yet to lift.
I sat by the window,
hands warmed in my pockets,
remembering
the soft tremble of teenage winters.
Back then,
dreams lived quietly in my coat,
with unsent letters,
and that piano
delivered like a train named “Future”
stopped outside my small window.
Who was it
walking through that November
with footsteps like first love?
Perhaps,
it was the version of me
who still knew how to wait.
I don’t wait anymore.
But I brew tea,
wipe the window,
and fold my dreams
like an old scarf—
tucked gently into a drawer
just beyond the snow.

夢を折りたたむ、古いウールのマフラーのように
今朝、台所にはパンの香り
外はまだ霧が残っている
窓辺に座り、
ポケットのぬくもりの中で
私はあの冬の感覚を思い出す
—高校生だったころの手のふるえ
あの頃、夢はポケットに
手紙、言えなかった言葉
家に届いたピアノは
未来という名の列車のように
小さな窓の外で止まっていた
あの十一月を歩いていたのは誰だろう
恋のような靴音を響かせて
きっと、それは
「待つことを知っていた」ころの私
今はもう、待たない
けれどお茶を淹れ
窓をふき
夢を折りたたむ
—古いマフラーのように
雪の外に置いた引き出しへ、そっとしまう

🌼 Je plie mes rêves comme une vieille écharpe en laine
Ce matin,
la cuisine sentait encore le pain chaud,
et dehors, la brume n’était pas encore levée.
Je me suis assis près de la fenêtre,
les mains au chaud dans mes poches,
me souvenant
du frisson léger des hivers de mon adolescence.
Autrefois,
les rêves vivaient discrètement dans mon manteau,
avec des lettres jamais envoyées,
et ce piano,
livré comme un train nommé « Avenir »,
s’arrêtait juste devant ma petite fenêtre.
Qui donc marchait
dans ce mois de novembre
avec des pas semblables à un premier amour ?
C’était peut-être
la version de moi
qui savait encore attendre.
Je n’attends plus.
Mais je prépare le thé,
j’essuie la vitre,
et je plie mes rêves
comme une vieille écharpe en laine,
que je range doucement
dans un tiroir au bord de la neige.
